Pourquoi ce guide
La plupart des organisations ne savent pas où elles en sont. Elles offrent des choses, parfois beaucoup, sans avoir jamais mesuré si l'ensemble tient debout. Et quand vient le budget, personne ne peut dire ce qui a fonctionné.
Cet autodiagnostic vous donne un point de départ factuel en cinq minutes. Il mesure séparément deux choses : ce que vous offrez, et comment vous le pilotez. L'écart entre les deux est souvent le constat le plus utile, parce qu'une organisation peut offrir beaucoup tout en ne pilotant rien.
Il s'appuie sur la norme Entreprise en santé CAN/BNQ 9700-800, norme nationale du Canada. Ce n'est donc pas notre opinion de ce qu'est un bon programme, c'est la structure d'un référentiel officiel, traduite en questions auxquelles vous pouvez répondre honnêtement.
Ce que mesure cet autodiagnostic
Il mesure deux choses séparément, et ne les additionne jamais en un score unique. La première est votre démarche : engagement de la direction, responsable désigné, comité santé mieux-être, collecte de données sur les besoins, plan d'action et évaluation. La seconde est votre offre : ce que vous proposez concrètement, sur les quatre sphères de la norme.
Les garder distinctes est important, parce qu'une organisation peut offrir beaucoup tout en ne pilotant rien. Cet écart est souvent le constat le plus utile, et un score unique le masquerait.
Les quatre sphères de la norme
La norme CAN/BNQ 9700-800 organise la santé en milieu de travail autour de quatre sphères d'activité. Les habitudes de vie couvrent l'activité physique, l'alimentation, le sommeil et le tabac. La conciliation travail-vie personnelle couvre la flexibilité d'horaire et de lieu, et le soutien aux responsabilités familiales. L'environnement de travail couvre l'aménagement physique autant que le climat social. Les pratiques de gestion couvrent la charge de travail, l'autonomie, le soutien en santé mentale et la formation des gestionnaires.
L'autodiagnostic vous donne un score pour chacune, pour que vous sachiez laquelle prioriser plutôt que de vous disperser.
Pourquoi la démarche pèse plus que l'offre
Cinq activités sans plan valent moins qu'un plan avec deux activités. Ce n'est pas une opinion : la norme structure la démarche comme l'ossature, et l'offre comme ce qui la traverse.
Une organisation qui offre un abonnement de gym, un cours de yoga et un panier de fruits, sans mesure ni plan, ne peut pas dire si quoi que ce soit fonctionne, ne peut pas défendre son budget l'année suivante, et voit généralement la participation s'éroder sans comprendre pourquoi.
Ce que vous obtenez, et ce qui reste privé
Votre résultat s'affiche immédiatement à l'écran : votre profil, vos deux scores, et le détail par sphère. Aucun courriel n'est requis pour le voir, et l'autodiagnostic peut être complété de façon anonyme.
Si vous demandez le rapport détaillé, il ajoute des recommandations prioritées, adaptées à votre profil et à votre sphère la plus faible, classées par effort et par impact. Vos réponses peuvent aussi servir, de façon anonymisée et agrégée, à des statistiques publiées sur le marché québécois. Vous pouvez refuser cet usage.
Que faire de votre résultat
Choisissez une seule chose. L'erreur la plus courante après un diagnostic est de bâtir un plan en douze points que personne n'exécute. Si votre score de démarche est bas, commencez là : un sondage et un bilan annuel changent plus que n'importe quelle nouvelle activité. Si votre démarche est solide et votre offre mince, l'écart se comble plus vite que vous ne le pensez.
La méthode
L'autodiagnostic s'appuie sur la norme CAN/BNQ 9700-800 « Entreprise en santé ». Il évalue deux axes : votre démarche (6 critères) et votre offre (4 sphères). Chaque question se répond sur la même échelle à quatre niveaux, de « rien » à « mesuré », pour éviter les réponses oui ou non trop flatteuses.
Axe 1 : la démarche
Engagement de la direction
Le mieux-être figure-t-il dans vos orientations officielles ?
Les quatre niveaux :
- Aucune mention nulle part
- Une intention exprimée verbalement
- Une politique écrite et communiquée
- Des objectifs mieux-être dans l'évaluation des gestionnaires
Responsable désigné
Quelqu'un porte-t-il officiellement le dossier mieux-être ?
Les quatre niveaux :
- Personne en particulier
- Quelqu'un s'en occupe en surplus de ses tâches
- Une personne avec un mandat formel
- Un mandat formel avec du temps alloué
Comité santé mieux-être
Avez-vous un comité, et comment fonctionne-t-il ?
Les quatre niveaux :
- Aucun comité
- Un groupe informel de volontaires
- Un comité formel avec un mandat écrit
- Un comité représentatif de toutes les catégories d'emploi, au moins 4 rencontres par an
Collecte de données
Mesurez-vous les besoins réels de vos employés ?
Les quatre niveaux :
- Jamais
- Une fois, il y a longtemps
- Un sondage ponctuel auprès du personnel
- Un sondage aux 2 ou 3 ans, complété par les données administratives (absentéisme, assurances)
Plan d'action
Vos initiatives découlent-elles d'un plan ?
Les quatre niveaux :
- On agit au cas par cas, selon les occasions
- On a une liste d'idées à réaliser
- Un plan écrit avec des priorités
- Un plan avec des objectifs de participation mesurables, révisé chaque année
Évaluation
Mesurez-vous ce que vos initiatives donnent réellement ?
Les quatre niveaux :
- Jamais
- On se fie aux impressions générales
- Un bilan annuel présenté à la direction
- Un bilan annuel dont les résultats sont communiqués à tout le personnel
Axe 2 : l'offre
Habitudes de vie
Activité physique : qu'offrez-vous concrètement ?
- Rien de particulier
- De l'information ou des rabais ponctuels
- Des activités ou défis organisés régulièrement
- Un programme continu, avec suivi de la participation
Alimentation, sommeil, tabac : que faites-vous ?
- Rien de particulier
- De l'information occasionnelle
- Des mesures concrètes (options saines, conférences, soutien à l'arrêt tabagique)
- Un ensemble de mesures suivies dans le temps
Conciliation travail-vie personnelle
Flexibilité d'horaire et de lieu de travail ?
- Aucune flexibilité
- Des arrangements au cas par cas
- Une politique claire de flexibilité
- Une politique appliquée uniformément et révisée selon les besoins exprimés
Soutien aux responsabilités familiales et personnelles ?
- Le minimum prévu par la loi
- Une certaine tolérance informelle
- Des mesures explicites (congés, banques d'heures, aide au retour)
- Des mesures explicites, connues de tous et utilisées sans gêne
Environnement de travail
Aménagement physique : ergonomie, espaces de pause, escaliers ?
- Rien de pensé en ce sens
- Quelques ajustements sur demande
- Des aménagements planifiés (postes ajustables, espaces de détente)
- Des aménagements planifiés et évalués avec le personnel
Environnement social : reconnaissance et sentiment d'appartenance ?
- Rien de structuré
- Des gestes ponctuels de reconnaissance
- Des pratiques régulières de reconnaissance et des activités de cohésion
- Des pratiques régulières, et on mesure le sentiment d'appartenance
Pratiques de gestion
Charge de travail et autonomie : comment sont-elles gérées ?
- On ne s'en occupe pas formellement
- On réagit quand un problème est signalé
- La charge est discutée régulièrement avec les équipes
- La charge est suivie avec des indicateurs et ajustée en conséquence
Santé mentale : soutien offert et formation des gestionnaires ?
- Rien de particulier
- Un programme d'aide aux employés, sans plus
- Un PAE connu, et les gestionnaires ont été sensibilisés
- Un PAE connu, des gestionnaires formés, et un plan de prévention des risques psychosociaux
Les quatre profils de résultat
Vous investissez sans savoir si ça marche
Votre offre est réelle, mais rien ne vous dit ce qu'elle donne. C'est la situation la plus fréquente, et la plus difficile à défendre au prochain budget. Un sondage et un bilan annuel changeraient tout, sans rien ajouter à votre offre.
Vous êtes prêts, il manque le contenu
Votre structure est en place : direction engagée, comité, plan. C'est la partie difficile et vous l'avez faite. Il vous manque des initiatives concrètes à y faire vivre, et c'est la partie la plus rapide à combler.
Vous partez de zéro, et c'est une bonne nouvelle
Rien n'est structuré, donc rien n'est à défaire. Les organisations qui démarrent proprement progressent souvent plus vite que celles qui accumulent des initiatives sans fil conducteur. Commencez par mesurer, pas par offrir.
Vous êtes en position de viser la certification
Démarche structurée et offre étoffée : vous remplissez déjà une bonne part des exigences de la norme Entreprise en santé. La question n'est plus quoi faire, mais comment le faire reconnaître.
Votre résultat situe aussi votre organisation sur trois paliers :
- Démarche initiale
- Démarche structurée
- Démarche avancée