Défis en entreprise
Défi de pas sans montre ni cellulaire : inclure tous vos employés
- Selon Léger (2025), seulement 28 % des Canadiens utilisent un objet connecté de façon régulière.
- Le téléphone compte les pas avec une précision comparable à celle d'une montre (JAMA, 2015).
- Les minutes actives, avec un plafond quotidien, incluent les employés dont l'activité ne passe pas par un appareil.
- La saisie en fin de quart et les équipes mixtes permettent au personnel de production de participer.
- Les employés sans téléphone intelligent ont besoin d'un volet hors application prévu dès l'annonce.
Un défi de pas lancé par courriel, avec un lien vers une application à connecter à sa montre, fonctionne bien au siège social. Sur le plancher de production, dans l'entrepôt ou dans le camion, il passe souvent à côté d'une bonne partie de l'équipe. Pas par manque d'intérêt : parce que le défi a été conçu pour quelqu'un qui porte une montre et garde son cellulaire en poche toute la journée.
Ce profil n'est pas la norme. Selon Léger (2025), environ 40 % des Canadiens et des Américains utilisent un objet connecté comme une montre ou un bracelet d'activité, et seulement 28 % des Canadiens le font de façon régulière. Du côté des téléphones, Statistique Canada rapportait qu'en 2020, 84 % des Canadiens possédaient un téléphone intelligent, mais seulement 54 % des aînés.
Ce guide montre comment bâtir un défi auquel tout le monde peut participer : avec un simple téléphone, avec une saisie après le quart de travail, et même sans téléphone intelligent. Chaque étape se termine par un livrable concret.
Pourquoi la montre ne doit jamais être une condition pour participer
Un défi qui exige un appareil que la majorité n'a pas mesure l'équipement, pas l'effort. Les personnes qui s'inscrivent d'emblée sont souvent les plus actives et les mieux équipées. Celles qu'un programme mieux-être cherche justement à rejoindre restent à l'écart.
La raison technique est tout aussi claire : le téléphone compte les pas aussi bien qu'une montre. Une étude publiée dans le JAMA en 2015 (Case et coll., Université de Pennsylvanie) a comparé des applications de téléphone et des appareils portés au poignet ou à la taille, auprès de 14 adultes en laboratoire. L'écart avec les pas réellement faits allait de -6,7 % à +6,2 % pour les applications de téléphone, et de -22,7 % à -1,5 % pour les appareils portables.
Reste le travail lui-même. Un préposé d'entrepôt ou un opérateur de production peut marcher longtemps pendant son quart, souvent sans téléphone sur lui. Si le défi ne compte que ce qui passe par un appareil, cette activité disparaît du classement.
Étape 1 : cartographier les réalités de travail
Avant de choisir une application ou une date, faites l'inventaire des façons dont vos employés passent leur journée. Quatre profils reviennent dans la plupart des organisations :
- Bureau ou télétravail : téléphone à portée de main, souvent une montre. La participation est automatique.
- Terrain et route : téléphone sur soi, rarement une montre. Le téléphone compte les pas.
- Production ou entrepôt, cellulaire au casier : téléphone disponible avant et après le quart seulement. L'activité du quart se saisit après coup.
- Sans téléphone intelligent : une minorité, mais réelle, surtout chez les employés plus âgés. Il faut prévoir un volet hors application.
Demandez à chaque superviseur d'estimer la part de son équipe dans chaque profil. Une estimation suffit : l'objectif est de repérer le profil qui risque d'être oublié.
Livrable : une grille de quatre profils, avec pour chacun le nombre approximatif d'employés et leur mode de participation.
Étape 2 : choisir une mesure qui ne dépend pas d'un appareil
Les pas sont la mesure la plus connue, mais aussi la plus dépendante de l'appareil : un pas fait sans téléphone ni montre n'est compté nulle part. Les minutes actives, elles, peuvent être déclarées. Elles comptent aussi le vélo, la natation, le hockey ou le jardinage, que le podomètre ignore.
Pour fixer une cible, partez des Directives canadiennes en matière de mouvement sur 24 heures (Société canadienne de physiologie de l'exercice, 2020) : au moins 150 minutes d'activité physique d'intensité modérée à élevée par semaine pour les adultes de 18 à 64 ans. Un objectif exprimé en minutes est compréhensible pour tout le monde, avec ou sans appareil.
Ajoutez un plafond quotidien. Sans plafond, une personne qui court un demi-marathon le dimanche décide à elle seule du classement. Avec un plafond, la régularité rapporte plus que l'intensité, et la marche quotidienne d'un employé de production pèse autant que la séance d'un coureur.
Livrable : la règle du défi en une phrase, par exemple « Chaque équipe vise 150 minutes actives par personne et par semaine, avec un maximum par jour. »
Étape 3 : prévoir la saisie après le quart de travail
Pour les employés qui laissent leur cellulaire au casier, la solution tient en une routine : ajouter son activité dans l'application en fin de quart, au moment de reprendre son téléphone. Deux minutes suffisent quand la consigne est claire.
- Le bon moment : à la sortie, avant de prendre la route, plutôt que le soir à la maison, quand on oublie.
- La bonne information : le type d'activité et sa durée. Décidez à l'avance si une période de travail physique soutenu compte, et écrivez-le dans les règles.
- Une seule fois : si une montre a déjà capté la séance, on ne la saisit pas une deuxième fois à la main.
Livrable : une consigne d'une phrase, affichée près de l'horodateur et des casiers.
Étape 4 : former des équipes mixtes et viser un objectif collectif
Un classement entre services oppose souvent le bureau à l'usine, avec un gagnant connu d'avance. Formez plutôt des équipes qui mélangent les profils de l'étape 1 : chaque équipe compte des personnes au bureau, sur la route et en production.
Côté format, l'objectif collectif est le plus inclusif : toute l'organisation vise une même cible, comme gravir l'Everest en cumulant l'activité de chacun. Personne ne perd, et chaque contribution compte, même modeste.
Nommez un capitaine par équipe, de préférence quelqu'un du plancher. C'est lui qui rappelle la saisie de fin de quart et qui fait le lien avec les collègues moins à l'aise avec l'application.
Livrable : la liste des équipes, avec un capitaine et au moins deux profils de travail par équipe.
Étape 5 : un plan pour les employés sans téléphone intelligent
Aucune application ne peut compter une activité sans appareil. Pour la minorité d'employés sans téléphone intelligent, prévoyez un volet hors application plutôt que de les laisser de côté :
- Un registre papier : une feuille hebdomadaire de minutes actives, remise au capitaine. Elle ne s'ajoute pas au classement de l'application, mais donne accès aux mêmes tirages et à la même reconnaissance.
- Des activités de groupe sur le site : une marche du midi ou une pause étirement animée, ouvertes à tous, qui rattachent ces employés au défi sans exiger d'appareil.
- Une reconnaissance qui ne dépend pas du classement : souligner la régularité ou l'esprit d'équipe, pas seulement le total.
Livrable : la règle du volet hors application, écrite dans l'annonce du défi pour que personne n'ait à la demander.
Les erreurs les plus courantes à éviter
- Un classement fondé uniquement sur les pas : il avantage ceux qui portent leur téléphone ou leur montre toute la journée et efface le travail physique fait sans appareil.
- Une invitation envoyée seulement par courriel : une partie du personnel de production consulte peu ses courriels. Doublez l'annonce d'une affiche, d'un mot du superviseur et d'un code QR près des casiers.
- Oublier le rappel quotidien : dans plusieurs applications, les données arrivent seulement quand on l'ouvre. Un rappel en fin de quart évite les journées perdues.
- Changer de source de pas en plein défi : passer du téléphone à une montre au milieu du défi crée des doublons ou des trous. Faites connecter les appareils avant le premier jour.
- Récompenser le plus grand nombre de pas : le message implicite est que le défi s'adresse aux plus sportifs. Récompensez plutôt la régularité et la participation.
Mesurer les résultats
Le bon indicateur d'un défi inclusif n'est pas le total de pas : c'est la participation, mesurée par profil.
- Taux de participation par site ou par quart : comparez le plancher et le bureau. Un écart important signale un obstacle à corriger pour la prochaine édition.
- Régularité : le nombre de personnes actives chaque semaine, pas seulement la première.
- Volet hors application : le nombre de registres papier remis, pour savoir si ce volet rejoint vraiment les personnes visées.
Consultez toujours ces données en agrégé, par équipe ou par site, jamais par personne. C'est la condition pour que le personnel de production accepte de participer, comme l'explique notre article sur la mesure du bien-être avec des données anonymes et agrégées.
Pour un point de repère réel : chez Fromagerie Bergeron, une PME agroalimentaire québécoise où une bonne partie du personnel travaille en production, 78,8 % des employés ont participé et l'organisation a cumulé 50 000 minutes actives.
Comment Propulsion s'y prend
Propulsion a été conçue pour que le téléphone suffise. Les pas viennent du téléphone, et ceux qui ont une montre la connectent : Apple Santé, Samsung Health, Garmin et plus.
Les entraînements que l'appareil n'a pas captés s'ajoutent à la main avec le bouton Ajouter une activité, en indiquant le type, la date et la durée (voir comment enregistrer une activité manuellement). Les pas, eux, ne s'ajoutent pas à la main, ce qui limite les abus.
Les points d'activité sont plafonnés chaque jour : 30 points pour les pas et 70 pour les minutes actives, pour un maximum de 100 (voir comment fonctionnent les points). Les minutes actives valent donc plus que les pas, et une marche de 20 minutes chaque jour rapporte davantage qu'une seule longue sortie le dimanche.
L'employeur ne voit que des résultats agrégés. Les données sont hébergées au Canada, et la plateforme est certifiée ISO/IEC 27001 et conforme à la Loi 25. Les employés sont actifs en moins de deux semaines après l'entente.
Pour aller plus loin
Pour comparer les applications sur ce critère et cinq autres, lisez notre comparatif des applications de défis de pas en entreprise. Le kit défi de pas en entreprise contient les courriels et les affiches à adapter pour vos sites. Et pour bâtir un programme sur toute l'année, le guide complet des défis mieux-être en entreprise couvre la planification, le lancement et la mesure. Pour voir comment un défi s'adapte à vos quarts de travail, réservez une démonstration.
Foire aux questions
Faut-il une montre connectée pour participer à un défi de pas ?
Non. Le téléphone compte les pas avec une précision comparable à celle d'une montre (JAMA, 2015). Les activités que le téléphone ne capte pas, comme le vélo ou la natation, s'ajoutent à la main dans la plupart des applications, dont Propulsion.
Le cellulaire est interdit sur le plancher : comment ces employés peuvent-ils participer ?
Ils ajoutent leur activité dans l'application en fin de quart, au moment de reprendre leur téléphone. Choisissez une mesure en minutes actives plutôt qu'en pas, et affichez la consigne près des casiers.
Peut-on ajouter ses pas à la main ?
Pas dans Propulsion : les pas viennent uniquement du téléphone ou de la montre connectée. Les entraînements (marche, vélo, hockey, natation) s'ajoutent à la main, avec leur type et leur durée.
Comment éviter les abus avec les activités ajoutées à la main ?
Un plafond quotidien de points limite l'effet d'une saisie exagérée : au-delà du maximum, une activité de plus ne rapporte rien. Les objectifs collectifs réduisent aussi l'intérêt de tricher, puisque personne ne gagne seul.